À l’EVAM, le domaine Assistance est au cœur des activités liées à la délivrance des prestations aux personnes migrantes : il regroupe les services qui évaluent la situation financière des bénéficiaires et leur accordent l’aide prévue par la loi. Cela comprend notamment les prestations de base couvrant les besoins essentiels, l’affiliation à l’assurance obligatoire des soins, le suivi des frais de santé ou encore les allocations de transports. L’aide intervient à titre subsidiaire : si le bénéficiaire dispose d’un revenu, elle est réduite ou supprimée.
Derrière ce travail considérable, des équipes engagées assurent au quotidien l’accompagnement nécessaire aux personnes migrantes afin que l’assistance ne soit pas un but en soi, mais un moyen pour faciliter leur parcours d’autonomisation et d’intégration.
C’est notamment le cas du pôle Données et décomptes, qui assure la saisie et le contrôle des données personnelles dans la base de données et la finalisation du décompte d’assistance – document qui récapitule les montants à verser aux bénéficiaires. C’est là qu’intervient Estelle, répondante du groupe Décomptes d’assistance. Depuis bientôt vingt ans, elle contribue à rendre ce processus aussi fluide et fiable que possible. Un travail à la fois rigoureux, humain et indispensable.
Je travaille au sein du pôle Données et décomptes en tant que répondante du groupe Décomptes d’assistance. Nous sommes quatre dans le groupe et notre mission principale est de produire les décomptes d’assistance pour les bénéficiaires. Sans ces décomptes, les prestations ne peuvent pas être versées.
Chaque mois, nous produisons plus de 6000 décomptes, auxquels s’ajoutent près de 3000 décomptes ajustés. C’est un volume important, mais on sait pourquoi on le fait : pour que chaque bénéficiaire reçoive ce qui lui est dû, au bon moment.
En tant que répondante, j’ai également un rôle de supervision et de soutien au sein de l’équipe. Avec l’expérience, je prends en charge les situations plus complexes, je vérifie les décomptes et j’aide l’équipe quand il y a des questions. J’ai aussi formé mes collègues à leur arrivée. C’est important pour moi qu’ils soient autonomes et à l’aise dans leur travail.
J’ai également donné des formations à l’interne pendant plusieurs années pour mes collègues hors du pôle (assistant·es sociaux·ales, gestionnaires de dossiers, coordinateur·trices régionaux·ales, etc.) à la lecture et la compréhension des décomptes d’assistance. C’était passionnant de partager mes connaissances, d’expliquer et rendre les choses claires.
Nous commençons généralement par lancer la production des décomptes d’assistance (ndlr : décision de l’établissement portant sur l’octroi de prestations en espèces ou en nature), pour que les paiements puissent partir à 9h. L’après-midi, un deuxième lot est lancé.
Mais ce n’est qu’une partie de nos journées : on reçoit aussi beaucoup de mails et d’appels (régulièrement une centaine par jour !) venant de nos collègues des antennes administratives, des assistant·es sociaux·ales, de la comptabilité, etc. On traite des demandes très variées : aide d’urgence, corrections, rapports financiers pour le Service de la population… Impossible de s’ennuyer.
Déjà, l’ambiance du groupe. On s’entend très bien et ça compte énormément. Un exemple illustratif : quand on a emménagé dans nos nouveaux bureaux, on a choisi nos places d’une manière originale : avec un tournoi de bowling. La personne qui a gagné a pu choisir sa place en premier. Moi, je n’ai pas brillé, mais on a bien rigolé. Ce genre de moments renforce la cohésion d’équipe et rappelle qu’on travaille mieux quand on partage aussi du plaisir à être ensemble.
Et puis j’aime tout simplement ce que je fais ; le bénéficiaire est au centre du travail et c’est ce qui lui donne tout son sens. Quand je termine la journée en me disant que j’ai tout fait pour que les bénéficiaires reçoivent leurs prestations à temps, c’est satisfaisant. C’est concret, c’est utile, et j’ai le sentiment d’avoir servi à quelque chose.